Le blog
Devis & relances

Relance de facture impayée : 5 modèles, du rappel amical au commissaire de justice

Relance facture impayée : 5 modèles prêts à copier de J+7 à J+45, vos droits face à un particulier ou à un pro, et quand passer au commissaire de justice.

Benjamin Pestel 28 juin 2026 14 min de lecture Mis à jour le 24 septembre 2026
Facture imprimée, enveloppe et stylo rouge sur un bureau, classeur et agenda à côté

Le chantier est livré depuis cinq semaines. Le client était content, il vous a même envoyé une photo de sa nouvelle salle de bain. La facture de 4 800 euros, elle, n’est toujours pas réglée, et vous n’avez pas relancé : vous ne vouliez pas passer pour celui qui court après l’argent.

Une facture impayée se récupère presque toujours avec une relance écrite, envoyée tôt et graduée. Voici les cinq modèles à envoyer dans l’ordre, de J+7 à J+45, avec pour chacun le droit qui le soutient. Avant les modèles, deux minutes sur ce que coûte le silence, et sur la question qui change tout : votre client est-il un particulier ou un professionnel ?

Ce qui se passe vraiment quand vous ne relancez pas

Les chiffres sont frais : l’Observatoire des délais de paiement a publié son rapport annuel le 23 septembre 2026. Fin 2025, les entreprises françaises payaient leurs factures avec 13,4 jours de retard en moyenne, et moins d’une sur deux (47 %) réglait sans retard. Dans la construction, le retard moyen tournait autour de 11 jours, mais les délais clients du bâtiment atteignaient 74 jours de production en 2024.

Ce retard a un poids direct sur les artisans. Selon les notes de conjoncture de la CAPEB citées par le rapport, la moitié des entreprises artisanales du bâtiment en tension de trésorerie mettent en cause l’allongement des délais de paiement, et 28 % les impayés.

Sur un chantier, le retard pèse plus lourd qu’ailleurs. Le carrelage, le receveur, la robinetterie : vous les avez déjà payés à votre fournisseur, souvent à 30 jours. Tant que votre client ne règle pas, c’est vous qui financez ses travaux, sur votre trésorerie ou sur votre découvert.

Le temps joue aussi contre vous sur le plan juridique. Un professionnel qui réclame son dû à un particulier dispose de 2 ans pour agir en justice ; entre professionnels, le délai est de 5 ans. Une facture oubliée dans un tiroir pendant deux ans peut devenir irrécupérable, même si le client reconnaît qu’il vous doit l’argent.

Le vrai coût, enfin, est le moins visible : plus une facture vieillit, plus la relance devient gênante, donc plus on la repousse. Relancer tôt n’est pas agressif. C’est ce qui évite d’avoir à l’être plus tard.

Méfiez-vous en revanche du chiffre qui circule partout : « un quart des faillites est dû aux retards de paiement ». L’étude de la Banque de France dont il vient (2020) dit autre chose : les retards de vos clients augmentent d’environ 25 % votre probabilité de défaillance. C’est déjà beaucoup, et c’est une raison suffisante pour relancer.

Avant de relancer : particulier ou professionnel, ce n’est pas le même droit

La plupart des modèles de relance que l’on trouve en ligne sont écrits pour des entreprises qui facturent d’autres entreprises. Ils brandissent des pénalités et une indemnité de 40 euros. Or un artisan travaille très souvent pour des particuliers, et ces règles ne s’appliquent pas à eux.

Client professionnelClient particulier
Délai de paiementCelui du contrat ; à défaut 30 jours après l’exécution, et jamais plus de 60 jours après la facture (ou 45 jours fin de mois)Celui prévu au devis ou à la facture ; à défaut, la somme est due à réception
Pénalités de retardDues de plein droit dès le lendemain de l’échéance, sans rappel ; 12,40 % par an par défaut au 2e semestre 2026, jamais moins de 8,25 %Seulement si le contrat les prévoit (le juge peut réduire une pénalité excessive) ; sinon, intérêts au taux légal à partir de la mise en demeure
Indemnité de recouvrement de 40 eurosOui, par facture en retardNon
Délai pour agir en justice5 ans2 ans
Mise en demeureUtile comme preuve et dernier avertissementIndispensable pour faire courir les intérêts

Faites le calcul sur la facture de 4 800 euros, payée avec un mois de retard. Face à un professionnel, sans taux prévu au contrat, les pénalités par défaut du second semestre 2026 sont de 12,40 % par an (taux de la BCE, 2,40 %, plus 10 points) : environ 49 euros, plus l’indemnité de 40 euros. Face à un particulier, les intérêts au taux légal (2,75 % pour un créancier professionnel) ne courent qu’après la mise en demeure : environ 11 euros pour un mois.

La leçon est simple : ce ne sont pas les pénalités qui vous feront payer, surtout chez un particulier. C’est la relance, envoyée tôt et à chaque fois.

Pour un client professionnel et un marché de travaux privé de plus de 12 000 euros HT, gardez aussi en tête l’article 1799-1 du Code civil : vous pouvez exiger une garantie de paiement, et suspendre les travaux si elle manque, après une mise en demeure restée sans effet pendant 15 jours.

Modèle 1 : J+7, la relance amicale mais ferme

Sept jours après l’échéance, la cause est presque toujours banale : la facture est restée dans une boîte mail, le virement attend une validation, le client pensait avoir payé. Le premier message suppose la bonne foi, sans s’excuser de réclamer.

Deux détails font la différence. Joignez de nouveau la facture, pour que le client n’ait pas à la chercher. Et donnez-lui le moyen de payer tout de suite : vos coordonnées bancaires, ou un lien de paiement si vous en avez un.

E-mail, J+7 : relance amicale

Objet : Facture n°[numéro] : échéance du [date] dépassée

Bonjour [Prénom],

Sauf erreur de ma part, je n’ai pas encore reçu le règlement de la facture n°[numéro] du [date], d’un montant de [montant] euros TTC, arrivée à échéance le [date].

Je vous la joins de nouveau. Vous pouvez la régler par virement (coordonnées en bas de facture) ou via ce lien : [lien de paiement].

Si le paiement est déjà parti, merci de ne pas tenir compte de ce message.

Bonne journée, [Votre prénom] [Votre nom] [Entreprise] · [Téléphone]

Ce premier message ne mentionne ni pénalités ni procédure. Il n’en a pas besoin : dans la majorité des cas, il suffit. Et si votre outil sait envoyer un simple rappel automatique le lendemain de l’échéance, laissez-le faire : il ne coûte rien et règle les oublis avant même la première vraie relance.

Modèle 2 : J+15, on rappelle l’échéance

À quinze jours de retard, le ton reste courtois mais devient précis. Vous rappelez la date, le nombre de jours de retard, et vous demandez une date de paiement. Pour un client professionnel, c’est aussi le moment de rappeler, sans menacer, que les pénalités courent.

Le même jour, passez un coup de fil. Un appel de deux minutes lève plus de blocages qu’un troisième e-mail : une facture adressée au mauvais service, un désaccord sur une ligne, une difficulté passagère. Notez la date et ce qui a été dit.

E-mail, J+15 : rappel d'échéance

Objet : Relance : facture n°[numéro], [nombre] jours de retard

Bonjour [Prénom],

Je reviens vers vous au sujet de la facture n°[numéro] de [montant] euros TTC, échue le [date] et toujours impayée à ce jour, soit [nombre] jours de retard.

Pouvez-vous me confirmer la date à laquelle le règlement sera effectué ? Si un point de la facture vous pose question, dites-le-moi : je préfère en parler maintenant.

[Pour un client professionnel : Comme le prévoient nos conditions de paiement, ce retard entraîne des pénalités ainsi que l’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros.]

Cordialement, [Votre nom] · [Entreprise]

SMS, J+15 : version courte

Bonjour [Prénom], c’est [Prénom] de [Entreprise]. La facture n°[numéro] ([montant] euros) est en retard depuis le [date]. Pouvez-vous me dire quand le règlement partira ? Merci, bonne journée.

Modèle 3 : J+30, la mise en demeure

Un mois après l’échéance, sans paiement ni explication, vous changez de registre. La mise en demeure est le dernier acte amiable : elle est formelle, datée, et elle fixe un délai. Face à un particulier, c’est elle qui fait courir les intérêts de retard.

Envoyez-la en recommandé avec accusé de réception. Un e-mail avec les mêmes mots peut valoir mise en demeure, mais le recommandé tranche toute discussion sur la réception. Gardez l’accusé avec la copie du courrier.

Courrier recommandé, J+30 : mise en demeure

Objet : Mise en demeure de payer : facture n°[numéro]

[Lieu], le [date]

Madame, Monsieur,

Malgré mes relances du [date] et du [date], la facture n°[numéro] du [date], d’un montant de [montant] euros TTC, correspondant à [nature des travaux] réalisés à [adresse du chantier], reste impayée.

Par la présente, je vous mets en demeure de me régler cette somme dans un délai de 8 jours à compter de la réception de ce courrier.

[Client professionnel : Cette somme sera majorée des pénalités de retard prévues à nos conditions générales et de l’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros.] [Client particulier : À défaut, cette somme portera intérêts au taux légal à compter de la présente mise en demeure.]

Sans règlement dans ce délai, j’engagerai une procédure de recouvrement.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

[Nom, entreprise, SIRET, signature]

Modèle 4 : J+45, le dernier courrier avant le commissaire de justice

Si la mise en demeure reste sans effet, vous avez deux voies. Depuis le 1er juillet 2022, les huissiers s’appellent commissaires de justice ; ce sont eux qui interviennent dans la première.

La procédure simplifiée des petites créances. Pour une somme de 5 000 euros au plus, intérêts compris, un commissaire de justice invite votre client à un accord de paiement. S’il accepte dans le mois, l’accord devient un titre exécutoire, sans passer par le juge. Les frais, quelques dizaines d’euros, restent à votre charge. Depuis avril 2026, elle ne s’applique plus aux factures entre commerçants, qui ont leur propre procédure.

L’injonction de payer. Vous déposez une requête au tribunal, avec la facture, le devis signé et vos relances. Si votre client est un particulier, c’est le tribunal judiciaire (formulaire Cerfa n° 12948), et le dépôt est gratuit. Si vous êtes tous deux commerçants, c’est le tribunal de commerce (Cerfa n° 12946, 33,47 euros de frais de greffe, possible en ligne). Le juge rend une ordonnance, qu’un commissaire de justice signifie au client ; celui-ci a un mois pour s’y opposer.

Avant de lancer l’une ou l’autre, un dernier courrier court laisse une porte de sortie au client. Il ne répète pas la mise en demeure : il annonce la suite, date à l’appui.

E-mail ou courrier, J+45 : avant procédure

Objet : Facture n°[numéro] : transmission au commissaire de justice le [date]

Bonjour [Prénom],

Ma mise en demeure du [date] est restée sans réponse. Sans règlement ou proposition de votre part d’ici le [date, 7 jours plus tard], je transmettrai le dossier à un commissaire de justice pour le recouvrement de la somme de [montant] euros.

Je préfère régler cela entre nous. Si vous rencontrez une difficulté, un paiement en plusieurs fois reste possible : proposez-moi un échéancier.

[Votre nom] · [Entreprise] · [Téléphone]

Modèle 5 : le client qui ne répond plus

Le silence complet est le cas le plus pénible, et souvent le plus mal géré. On renvoie le même e-mail, plus sec, à la même adresse. Or si personne ne répond, la première question est : votre message arrive-t-il à la bonne personne ?

Changez de canal avant de changer de ton. Un SMS, un appel à une autre heure, un courrier à l’adresse du chantier si le client y habite. Chez un client professionnel, demandez le service comptabilité : la personne qui vous a commandé le chantier n’est pas toujours celle qui paie.

Message, client silencieux : proposition d'échéancier

Bonjour [Prénom],

Je n’ai pas eu de retour à mes messages au sujet de la facture n°[numéro] ([montant] euros). Je vous écris pour vous proposer une solution simple : un règlement en [2 ou 3] fois, le [date], le [date] et le [date].

Une réponse par retour de message suffit pour valider. Sans nouvelles de votre part d’ici le [date], je serai obligé de confier le dossier à un commissaire de justice, ce que je préfère éviter.

[Votre prénom] · [Entreprise]

Pourquoi les relances automatiques marchent mieux que la volonté

Le problème n’est presque jamais de savoir relancer. Les modèles ci-dessus, vous les connaissiez sans doute. Le problème est de le faire à J+7 pile, pour chaque facture, pendant les semaines où vous êtes sur trois chantiers à la fois.

La volonté ne tient pas le calendrier. Une facture relancée à J+7 se règle en général vite ; la même, relancée à J+60 parce que vous y pensez enfin, se transforme en litige. Entre les deux, la seule différence est la date d’envoi.

C’est pour ça qu’un suivi automatique fonctionne mieux que les bonnes résolutions. Un assistant IA qui connaît vos factures et leurs échéances prépare la bonne relance au bon niveau, le jour prévu. Vous la relisez, vous adoucissez le ton pour un bon client, vous validez. C’est tout le principe de relancer les factures impayées automatiquement : la mémoire est tenue par l’outil, la décision reste la vôtre.

La réforme de la facturation électronique va dans le même sens. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir leurs factures par une plateforme agréée, et les TPE devront les émettre ainsi au plus tard le 1er septembre 2027. Chaque facture entre professionnels aura alors un statut suivi : déposée, rejetée, refusée ou encaissée.

Un client qui refuse votre facture devra motiver son refus : vous saurez enfin pourquoi elle n’est pas payée. Nous avons détaillé ce qui change avec la facturation électronique en 2026.

Et quand le paiement arrive, la relance s’arrête d’elle-même si votre outil de paiement est relié : pas de mise en demeure envoyée par erreur à un client qui vient de régler.

Chaque facture suivie, chaque relance prête au bon moment.

Jolibot garde l'œil sur vos échéances, prépare la relance adaptée au retard et au type de client, et s'arrête dès que le paiement arrive. Vous validez, elle part.

Les factures ne sont qu’un des trois régimes de relance d’un artisan. Pour les devis sans réponse, voyez comment relancer un devis client sans forcer, et pour l’ensemble, notre dossier sur le système de relance complet pour artisans. Côté budget, les tarifs de Jolibot commencent à 29 euros par mois, avec une découverte gratuite puis un abonnement satisfait ou remboursé 14 jours.

Se faire payer n’est pas une faveur que vous demandez. C’est la dernière étape d’un travail bien fait, et elle mérite la même rigueur que le chantier.

Questions fréquentes

Quand relancer une facture impayée ?
Un rappel automatique le lendemain de l'échéance règle les oublis. La première vraie relance part à J+7, courtoise. À J+15, vous rappelez l'échéance et demandez une date. À J+30, vous envoyez une mise en demeure en recommandé. À J+45, un dernier courrier annonce la transmission au commissaire de justice.
Peut-on réclamer l'indemnité de 40 euros à un particulier ?
Non. L'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros et les pénalités de plein droit ne s'appliquent qu'entre professionnels. Face à un particulier, vous pouvez réclamer des intérêts au taux légal à partir de la mise en demeure, ou la pénalité prévue dans votre contrat, que le juge peut réduire si elle est excessive.
Quel taux de pénalités de retard appliquer en 2026 ?
Entre professionnels, si vos conditions ne fixent pas de taux, c'est le taux de la BCE plus 10 points : 12,40 % par an au second semestre 2026. Si vous fixez vous-même un taux, il ne peut pas être inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal, soit 8,25 % au second semestre 2026. Le taux doit figurer sur vos factures et conditions de vente.
Combien de temps a-t-on pour réclamer une facture impayée ?
Deux ans quand le client est un particulier (article L218-2 du Code de la consommation), cinq ans entre professionnels. Passé ce délai, vous ne pouvez plus agir en justice, même si le client reconnaît sa dette. D'où l'intérêt de ne jamais laisser une facture dormir.
Que faire si le client ne paie pas après la mise en demeure ?
Jusqu'à 5 000 euros, un commissaire de justice peut lancer la procédure simplifiée des petites créances : si le client accepte un accord dans le mois, il devient exécutoire. Sinon, déposez une requête en injonction de payer : au tribunal judiciaire (gratuit) face à un particulier, au tribunal de commerce entre commerçants. Depuis le 1er septembre 2026, l'ordonnance doit être signifiée dans les 3 mois.
Benjamin Pestel
Fondateur de Jolibot

Laissez Jolibot faire la paperasse. Gardez le métier.

Vos e-mails, appels et messages deviennent des tâches, devis et relances prêts à valider. Vous validez, Jolibot exécute.

À lire ensuite

On vous rappelle
Parlez à quelqu'un de l'équipe.

Laissez votre numéro : un conseiller Jolibot vous rappelle, répond à vos questions et regarde avec vous si Jolibot convient à votre activité.

Quand vous rappeler ?