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Facturation électronique 2026 : ce qui change pour les artisans et TPE

Facturation électronique : réception obligatoire depuis le 1er septembre 2026, émission au 1er septembre 2027 pour les TPE. Dates, plateformes, amendes.

L'équipe Jolibot 12 juin 2026 14 min de lecture Mis à jour le 2 octobre 2026
Ordinateur portable sur un bureau d'atelier, à côté d'une facture papier et de gants de travail

Vous en avez sûrement entendu parler entre deux chantiers : depuis le 1er septembre 2026, la facturation électronique n’est plus un projet, c’est la loi. Toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA doivent désormais pouvoir recevoir des factures électroniques, et oui, cela inclut les artisans, les commerçants et les TPE, même à un seul salarié.

Rassurez-vous tout de suite. La facturation électronique artisan n’est pas une usine à gaz réservée aux grandes entreprises : c’est une nouvelle façon de faire une chose que vous faites déjà, envoyer et recevoir une facture. Cet article vous explique sans jargon ce qui s’applique déjà, ce qui arrive en septembre 2027, et comment vous y préparer sans y perdre du temps ni de l’argent. Chaque date et chaque montant ont été vérifiés le 2 octobre 2026 sur impots.gouv.fr, Légifrance et Entreprendre Service Public.

La facturation électronique, en clair

Beaucoup d’artisans envoient leurs factures en PDF par e-mail et croient être déjà « en électronique ». La DGFiP le dit sans détour : ce n’est pas une facture électronique.

Une facture électronique au sens de la loi, c’est une facture émise, transmise et reçue dans un format structuré, c’est-à-dire un fichier que les logiciels savent lire et traiter automatiquement, sans qu’un humain ait à recopier les montants. Selon la foire aux questions publiée par l’administration, elle comporte 34 données transmises en format structuré, comme le SIREN du fournisseur, le numéro de la facture ou le taux de TVA. Trois formats sont admis : UBL, CII, ou un format mixte qui associe un fichier de données structurées et une image lisible de la facture. Le plus connu des formats mixtes est Factur-X, un PDF qui porte ses données structurées à l’intérieur.

Surtout, cette facture ne part plus directement de votre boîte mail vers celle de votre client. L’article 289 bis du Code général des impôts prévoit que l’émission, la transmission et la réception passent par une plateforme agréée, qui la remet à la plateforme de votre client et transmet certaines données à l’administration fiscale.

Pourquoi ce changement ? L’administration affiche deux objectifs : simplifier la vie des entreprises, avec à terme le pré-remplissage des déclarations de TVA, et lutter plus tôt et plus efficacement contre la fraude à la TVA.

Plateforme agréée, annuaire : qui fait quoi

Les opérateurs privés longtemps appelés plateformes de dématérialisation partenaires (PDP) portent aujourd’hui, dans tous les documents de l’administration, le nom de plateformes agréées. Ce sont des entreprises privées immatriculées par l’État après l’examen d’un dossier et des tests d’interopérabilité. Leur rôle : émettre, transmettre et recevoir les factures électroniques, en extraire les données utiles à l’administration, transmettre les données d’e-reporting et tenir à jour l’annuaire pour leurs clients.

L’autre changement important concerne l’État. Il a longtemps été question d’un portail public gratuit qui aurait permis aux plus petites entreprises d’émettre leurs factures elles-mêmes. Ce n’est pas le choix qui a été fait. La foire aux questions de l’administration l’explique : la France a renoncé à un portail public unique pour éviter de concentrer les risques techniques sur un seul point de passage. L’État encadre, fixe les normes et gère l’annuaire national des destinataires, qui permet d’orienter chaque facture vers la plateforme de réception de votre client grâce à son SIREN. Les factures, elles, passent toutes par des plateformes agréées.

Cela ne veut pas dire que c’est forcément payant. La même foire aux questions indique qu’au 1er août 2026, plus d’une dizaine des 150 plateformes agréées par l’État proposaient des offres gratuites ou sans surcoût pour les besoins essentiels des plus petites structures.

Qui est concerné : à peu près tout le monde

La réforme concerne toutes les entreprises établies en France assujetties à la TVA, quelle que soit leur taille, y compris celles qui bénéficient de la franchise en base. Un artisan seul, une micro-entreprise, une TPE de trois personnes : tout le monde entre dans le champ.

La nuance se joue selon vos clients :

  • Vous facturez d’autres entreprises établies en France (B2B). Ces factures-là basculent dans le circuit des plateformes agréées : vous les recevez déjà par ce circuit, et vous les émettrez par ce circuit au 1er septembre 2027.
  • Vous facturez surtout des particuliers (B2C) ou des clients à l’étranger. Ces factures ne passent pas par le circuit de la facturation électronique. Vous serez en revanche soumis à l’e-reporting, la transmission à l’administration de certaines données de ces ventes par votre plateforme agréée, selon le même calendrier que l’émission. L’administration précise que les remontées sont agrégées et qu’aucune donnée relative à des particuliers ne lui est transmise.
  • Vous êtes en franchise de TVA ou micro-entrepreneur. Vous n’échappez pas à la réforme. Même sans facturer de TVA, vous devez déjà pouvoir recevoir des factures électroniques de vos fournisseurs, et vous émettrez les vôtres au 1er septembre 2027.

Le calendrier : ce qui s’applique déjà, ce qui arrive en 2027

Le calendrier officiel publié par impots.gouv.fr est désormais stabilisé, et il s’applique. Le guide pratique de démarrage de la DGFiP, publié en juillet 2026, le résume d’une formule : « maintien du calendrier légal ».

ObligationGrandes entreprises et ETIPME, TPE et micro-entreprises
Recevoir des factures électroniquesDepuis le 1er septembre 2026Depuis le 1er septembre 2026
Émettre des factures électroniquesDepuis le 1er septembre 2026Au 1er septembre 2027
E-reporting des transactionsDepuis le 1er septembre 2026Au 1er septembre 2027

Recevoir, c’est maintenant. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise concernée doit avoir la capacité de recevoir des factures électroniques par une plateforme agréée. Si vous n’en avez pas encore désigné une, le guide de la DGFiP vous demande d’engager la démarche sans attendre, directement auprès d’une plateforme ou par votre solution habituelle : logiciel, expert-comptable, banque. Tant que vous n’êtes pas inscrit, votre adresse ne figure pas dans l’annuaire, et vos fournisseurs ne peuvent pas vous adresser leurs factures électroniques. Elles vous arrivent alors, à titre exceptionnel, par e-mail ou par courrier, ce qui ne change rien à ce que vous devez payer.

Émettre, c’est au 1er septembre 2027. D’ici là, une TPE peut continuer à envoyer ses factures comme aujourd’hui. Le guide de démarrage est clair sur deux points utiles. D’abord, vous pouvez entrer volontairement dans le dispositif avant l’échéance, pour tester vos outils, à condition de passer par une plateforme agréée et d’éviter les doublons. Ensuite, un client ne peut pas vous imposer, au titre de la loi, d’émettre une facture électronique avant votre échéance, ni refuser de payer une facture au seul motif qu’elle n’est pas électronique. Un accord commercial peut prévoir autre chose ; la loi, non.

Amendes et tolérance de démarrage

La loi de finances pour 2026 a relevé ces amendes et créé celle qui vise la réception, dans la version des articles du Code général des impôts en vigueur depuis le 21 février 2026 :

  • Défaut d’émission électronique : 50 euros par facture, sans dépasser 15 000 euros par année civile (article 1737, III du CGI).
  • Défaut de recours à une plateforme agréée pour recevoir vos factures : l’administration vous adresse d’abord une mise en demeure de vous conformer dans un délai de trois mois. Si rien ne bouge, l’amende est de 500 euros, puis de 1 000 euros à chaque nouvelle période de trois mois sans mise en conformité (article 1737, IV bis).
  • Défaut d’e-reporting : 500 euros par transmission manquante, dans la limite de 15 000 euros par année civile (article 1788 D).

Pour l’émission et l’e-reporting, une première infraction commise dans l’année ou les trois années précédentes n’est pas sanctionnée si vous la réparez spontanément ou dans les trente jours qui suivent la demande de l’administration (article 1737, V et article 1788 D, V). Pour la réception, c’est la mise en demeure de trois mois qui joue ce rôle.

Surtout, la DGFiP a fixé une ligne claire pour la phase de démarrage. Son guide pratique l’écrit : il n’y aura « pas d’application des sanctions aux entreprises rencontrant des difficultés dans la mise en œuvre de la réforme mais qui sont engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité ». L’administration distingue ces situations de l’inertie, de l’évitement ou du refus durable d’entrer dans le dispositif. Elle prévient aussi que cette approche « ne constitue ni un report ni une suspension de l’obligation ».

Concrètement, une trajectoire sérieuse se prouve par des éléments datés : le contrat ou l’inscription auprès d’une plateforme agréée, vos échanges avec votre éditeur ou votre expert-comptable, les messages d’erreur et les tickets d’assistance. Une simple déclaration d’intention ne suffit pas. Gardez ces traces, c’est votre meilleure protection.

Ce que ça change concrètement dans votre quotidien

Pour recevoir une facture, dès aujourd’hui. Les factures de vos fournisseurs déjà tenus d’émettre en électronique, c’est-à-dire les grandes entreprises et les ETI, arrivent par votre plateforme agréée, dans un format structuré. Le bon côté : les montants, la TVA et les échéances se lisent automatiquement, ce qui réduit la saisie et les erreurs de recopie. Une facture reçue par e-mail ou sur papier reste valable : le guide de la DGFiP précise que vous pouvez la traiter, la payer et déduire la TVA, dès lors qu’elle correspond à une opération réelle et porte les mentions nécessaires.

Pour émettre une facture, à partir de septembre 2027. Vous créerez toujours votre facture dans votre outil, mais au moment de l’envoyer, elle partira par la plateforme au bon format. Si votre outil est raccordé, le geste reste presque identique : vous validez, il s’occupe du reste.

Pour votre comptabilité. Des factures structurées circulent proprement entre votre outil, votre plateforme et votre expert-comptable : moins de ressaisie, un suivi de TVA plus clair.

Comment vous mettre en règle, dès maintenant

Voici les gestes utiles, par ordre de priorité.

1. Choisissez votre plateforme de réception, si ce n’est pas fait

C’est la seule obligation qui vous concerne déjà. Interrogez d’abord l’éditeur de votre logiciel de facturation, votre banque ou votre expert-comptable : beaucoup proposent une plateforme agréée ou y sont raccordés. Vérifiez ensuite que le nom figure sur la liste officielle de impots.gouv.fr. Vous restez libre de choisir et de changer de plateforme si vos besoins évoluent.

2. Mettez vos informations légales à jour

La facturation électronique repose sur votre identification, et l’annuaire vous retrouve par votre SIREN. Vérifiez que votre numéro SIREN, votre adresse, votre raison sociale et votre régime de TVA sont exacts partout où vous facturez. Profitez-en pour noter le SIREN de vos clients professionnels : il deviendra une mention obligatoire en 2027 et c’est lui qui acheminera vos factures.

3. Préparez l’émission de septembre 2027

Vous avez un an devant vous, c’est le bon moment pour vérifier que votre outil de facturation saura émettre au bon format par une plateforme agréée. Si vous voulez vous roder, le guide de démarrage vous permet d’émettre volontairement avant l’échéance, et même de revenir temporairement à vos habitudes si l’essai échoue.

4. Parlez-en à votre expert-comptable

Si vous en avez un, c’est votre meilleur allié sur ce sujet. Il connaît votre situation et pourra vous dire précisément ce qui vous concerne. La DGFiP propose aussi une assistance téléphonique dédiée au 0806 807 807, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 18 h.

Pour une vue d’ensemble de la réforme, formats et vocabulaire compris, lisez notre dossier sur la facturation électronique obligatoire.

Laissez la partie administrative à un assistant qui la maîtrise

Jolibot lit vos factures fournisseurs, prépare vos devis et vos factures, et garde vos informations en ordre. Vous validez, il s'occupe du reste.

Comment un assistant vous évite de subir la transition

Soyons précis sur les rôles. Jolibot n’est pas une plateforme agréée : la transmission officielle de vos factures électroniques reste l’affaire de la plateforme que vous avez choisie. Ce qu’un assistant comme Jolibot prend en charge, c’est la partie fastidieuse autour. Il lit vos factures fournisseurs entrantes, en extrait le fournisseur, le montant, la TVA et l’échéance, et les classe, prêtes à vérifier. Il prépare vos devis et vos factures à partir de vos échanges avec vos clients, en gardant vos informations cohérentes d’un document à l’autre, et il vous rappelle les échéances.

Et surtout, il respecte une règle simple : vous gardez le contrôle. L’assistant prépare, vous validez. Rien ne part vers un client sans votre accord.

Si vous voulez aller plus loin sur l’organisation de vos documents commerciaux, notre article sur comment relancer un devis client complète bien cette réflexion sur la partie administrative que l’on gagne à automatiser.

En résumé

La facturation électronique est en vigueur. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA, artisans et micro-entreprises compris, doivent pouvoir recevoir leurs factures par une plateforme agréée, l’ancienne PDP. Les grandes entreprises et les ETI émettent déjà en électronique ; les PME, TPE et micro-entreprises le feront au 1er septembre 2027, en même temps que l’e-reporting de leurs ventes aux particuliers et à l’étranger et que les quatre nouvelles mentions obligatoires. Les amendes existent, 50 euros par facture non conforme dans la limite de 15 000 euros par an, mais la DGFiP ne sanctionne pas pendant le démarrage les entreprises engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité.

Pour être en règle : choisissez votre plateforme de réception si ce n’est pas fait, mettez vos informations légales à jour, notez le SIREN de vos clients professionnels et vérifiez que votre outil saura émettre en 2027. Bien accompagné, ce qui ressemblait à une montagne réglementaire devient un simple changement de tuyauterie.

Questions fréquentes

C'est quoi la facturation électronique ?
C'est une facture émise, transmise et reçue dans un format numérique structuré, que les logiciels traitent automatiquement. Un PDF envoyé par e-mail n'en est pas une. Elle circule obligatoirement par une plateforme agréée par l'État, qui la remet à votre client et transmet à l'administration les données prévues par la loi. Les formats admis sont UBL, CII ou un format mixte qui associe des données structurées et une image de la facture, comme Factur-X.
Depuis quand suis-je concerné en tant qu'artisan ou TPE ?
Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA, micro-entreprises comprises, doivent pouvoir recevoir des factures électroniques par une plateforme agréée. L'obligation d'émettre vos propres factures électroniques s'applique aux PME, TPE et micro-entreprises au 1er septembre 2027. Les grandes entreprises et les ETI émettent déjà depuis le 1er septembre 2026.
Mon client peut-il m'imposer une facture électronique dès maintenant ?
Non, pas au titre de la loi. Le guide pratique de démarrage de la DGFiP précise qu'une TPE dont l'échéance d'émission est le 1er septembre 2027 peut continuer à facturer selon ses modalités habituelles jusqu'à cette date, et qu'un client ne doit pas refuser ou bloquer le paiement d'une facture au seul motif qu'elle n'est pas électronique. Un accord commercial peut prévoir autre chose, et vous pouvez aussi entrer volontairement dans le dispositif avant l'échéance.
Que risque-t-on si on n'est pas en règle ?
L'article 1737 du CGI prévoit 50 euros d'amende par facture non émise sous forme électronique, dans la limite de 15 000 euros par année civile. Pour la réception, l'administration adresse d'abord une mise en demeure de trois mois avant toute amende. L'e-reporting manquant coûte 500 euros par transmission, plafonné à 15 000 euros par an (article 1788 D). Pendant la phase de démarrage, la DGFiP n'applique pas de sanction aux entreprises engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité.
Où trouver la liste officielle des plateformes agréées ?
Sur impots.gouv.fr, page « Je consulte la liste des plateformes agréées », téléchargeable en ODS, XLSX ou PDF. La DGFiP y publie deux listes : les opérateurs immatriculés après réussite des tests d'interopérabilité, et ceux dont le dossier est complet mais qui attendent encore leur immatriculation définitive. Beaucoup de logiciels de facturation sont raccordés à une plateforme agréée, ou en sont une : demandez-le à votre éditeur.
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